9 février 2026
Exercice exclusif de la pédopsychiatrie : une première avancée obtenue par le CNPP
Le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP) a, depuis plusieurs années, alerté le ministère de la Santé ainsi que le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) sur les risques qu’une certaine lecture de la nouvelle maquette du DES de psychiatrie, issue de l’arrêté du 3 mars 2022, pourrait occasionner. Ces craintes se sont malheureusement révélées fondées, et nous avons été saisis de plusieurs situations préoccupantes.
En cause : la lecture par le CNOM de la notion d’« options précoces », présente dans les textes réglementaires relatifs aux maquettes, est assimilée à des choix d’exercice exclusifs entre psychiatrie de l’adulte et psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Cette interprétation, contraire à l’esprit de la réforme, a conduit à une insécurité professionnelle majeure pour de jeunes praticiens, avec des risques directs pour la continuité des soins et l’attractivité de la spécialité : les médecins ayant opté pour l’« option précoce » de pédopsychiatrie n’étant plus autorisés à pratiquer auprès des patients adultes.
Pour la première fois, suite à plusieurs sollicitations du CNPP, le CNOM a apporté une clarification importante. La Présidente de la section formation et compétences médicales, Élisabeth Gormand, indique par courriel au CNPP que dans l’attente d’une modification des textes réglementaires, la commission de psychiatrie valide désormais les médecins en psychiatrie de l’adulte avec la psychiatrie de l’enfant comme option supplémentaire dans leur exercice, sur un modèle comparable à celui de l’option tardive. Il n’y a donc plus, dans la pratique, d’exercice exclusif en psychiatrie de l’enfant.
Cette adaptation pragmatique permet de résoudre les difficultés immédiates posées par la formulation des nouvelles maquettes, dans l’intérêt de la spécialité et des patients. Cette solution demeure transitoire et une révision formelle de la maquette du DES est nécessaire afin d’officialiser ces ajustements.
Le CNPP se félicite de cette première avancée, qui répond aux alertes répétées de la profession, et poursuivra son action afin d’obtenir une modification réglementaire durable, seule à même de sécuriser les parcours de formation et d’exercice des psychiatres.
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